Le temps des anges

Catherine Colomb (1892-1965) est née à Saint-Prex, sur la Côte
vaudoise. Après des études de lettres, des séjours en Allemagne,
en Angleterre et à Paris, elle fait paraître en 1934 une première
oeuvre intitulée Pile ou Face , qu'elle reniera par la suite. En 1945,
c'est la parution de Châteaux en enfance , dont l'extraordinaire nouveauté,
le pouvoir d'envoûtement subjuguent les lecteurs avisés. Un
univers s'imposait, qui pouvait sembler familier (paysages reconnaissables,
êtres saisis sur le vif), mais une écriture souverainement
étrange bouleversait toute chose de fond en comble, illuminant
mystérieusement le temps, l'espace et les destins.
Ce livre sera suivi en 1953 des Esprits de la Terre et enfin, en
1962, du Temps des anges. Un demi-siècle plus tard, le roman de
Catherine Colomb n'a pas pris une ride. Avec sa structure subtile
et rigoureuse, il se présente comme une superbe énigme logique
proposée à la perspicacité du lecteur. Il est le fruit de près de dix
ans de travail d'écriture, au cours desquels les moindres détails
ont été pensés, façonnés et affûtés.
Dans Le Temps des anges , il n'y a plus ni distances, ni frontières.
Du fin fond de la Russie, où les plaines remplacent les montagnes,
les isbas les chalets, où les lacs sont comme des mers, les
ruisseaux comme des fleuves, les colliers comme des ceintures,
on passe aisément à la propriété des Possessions dans le canton
de Vaud. Un vent sec et brûlant balaie l'Egypte et la Suisse, et peu
importe qu'il se nomme le rhamsin ou le foehn.
Mais ces lointains voyages ramènent invariablement la romancière
à sa bourgade vaudoise, au bord du lac.
Avec une préface d'Irina Melnicova, traduite du russe par
Marion Graf.