Start-up : les rois éphémères

Nouvelle économie, nouveaux médias, nouvelles technologies, nouveau marché...
L'explosion du multimédia a laissé entendre qu'une ère nouvelle s'ouvrait,
celle d'un eldorado créatif, d'une révolution des modèles économiques et
managériaux.
A quoi donc a tenu cette start-utopie ? Cette nouvelle ère sur les plans
humain, social, économique et technologique, a-t-elle marqué pour autant un
progrès social ? La «nouvelle économie» semble être une figure emblématique
des transformations du capitalisme : diminution du contrôle des Etats
face à la mondialisation industrielle et financière, transformations du salariat,
des manières de travailler, d'évaluer, de produire, de manager, d'innover...
Le monde des start-up permet de saisir concrètement les effets du déplacement
de la charge de l'incertitude économique vers les individus, les familles ou les
communautés locales sous la forme, notamment, du management affectif, narcomanagement
de salariés séduits et efficacement dépossédés de recours critiques.
Dès lors que le modèle de management consiste à faire évoluer la
situation de façon telle que de son potentiel résulte l'effet, il n'y a plus à choisir, ni
à se contraindre en vue d'atteindre la fin. Il suffit de se laisser porter, de surfer...
Les auteurs ont suivi avant et après l'e-krach de nombreux protagonistes
impliqués professionnellement dans les milieux du multimédia. Leurs entretiens
avec les entrepreneurs et les salariés du nouveau-monde.com est le
point de départ de leur analyse des effets que cette bulle Internet a produits et
continue de produire sur les personnes.
Tout ne s'est pas arrêté après l'e-krach d'avril 2000. Il ne faut pas tout brûler
des rois d'un jour de la «nouvelle économie».