La rose de Novalis

«Hicham était convaincu que la «fleur bleue», décrite divinement par
Novalis dans son Henri d'Ofterdingen et dont il avait entretenu son ami
Schlegel, était une Rose ; le jeune poète, n'avait-il pas surnommé Sophie,
son éternel amour, «la petite rose de Grüningen» ! Cette Rose ne pouvait
être, comme on serait tenté de le croire, une fleur du rosier ; elle ne symbolisait
pas non plus l'innocence de Sophie, ni la puissance de l'Art, ni la
science universelle, mais représentait le corps parfait d'une nymphe. Il
prétendait avec passion que si la mère du jeune Henri ne l'avait pas réveillé,
sa fleur bleue allait continuer sa métamorphose pour devenir une
belle sylphide, au teint frais, aux lèvres vermeilles et à la taille épanouie.
Hicham pensait que la femme était le réel absolu et qu'elle constituait de
ce fait la preuve de l'existence de la Beauté parfaite, en laquelle, du reste,
elle fleurissait éternellement, non pas au ciel mais bien sur terre.»
La Rose de Novalis est un récit qui raconte le destin de trois jeunes étudiants
en Belgique. C'est un roman sur la jeunesse, la beauté, la folie et
la mort.