Habeas corpus

Nietzsche écrivait : " On est artiste à ce prix : éprouver ce que tout
non-artiste nomme forme, comme contenu, comme la chose même.
De ce fait, on appartient sans aucun doute à un monde à l'envers : car
désormais tout contenu apparaît comme quelque chose de simplement
formel, - y compris notre vie " ( Volonté de Puissance , § 818).
C'est ce qui m'intéressait en écrivant Habeas corpus : non pas l'anecdote
et ma vie, mais la forme, une forme de théâtre, implicite, banale,
quotidienne, inaperçue et que tout le monde a pratiquée, pratique ou
pratiquera à l'occasion d'une visite médicale, par exemple.
Une chaise dans le clair-obscur d'un espace presque nu. L'acteur entre
et s'avance. Face au public, il se déshabille. Il a posé soigneusement ses
bottines à l'avant-scène, à cour, il a posé ses vêtements sur la chaise. Il
est presque nu.