Contribution à l'étude des accidents mentaux chez les hystériques : 1893

L'ouvrage de Pierre Janet (1859-1947) reproduit ici en fac simile est sa
thèse de médecine sur l'hystérie soutenue le 29 juillet 1893 devant un jury
présidé par Jean-Martin Charcot (1825-1893). Il y traite de la suggestion et des
actes subconscients, des idées fixes, des attaques émotionnelles, des
somnambulismes et des délires psychiques chez les hystériques. Cette thèse
constituera le second volume de son oeuvre fameuse sur l' État mental des
hystériques dont le premier volume venait de paraître quelques mois
auparavant (1893). Pour Janet, l'hystérie est une maladie mentale caractérisée
par des symptômes moraux ; le principal est un affaiblissement de la faculté de
synthèse psychologique avec rétrécissement du champ de la conscience.
Un certain nombre de phénomènes élémentaires, sensations et images, cessent
d'être perçues et paraissent supprimées de la perception personnelle ; il en
résulte une tendance à la division, permanente et complète de la personnalité,
à la formation de plusieurs groupes indépendants les uns des autres ; ces
systèmes de faits psychologiques alternent ou coexistent : enfin ce défaut de
synthèse favorise la formation de certaines idées parasites qui se développent
complètement et isolément à l'abri du contrôle de la conscience personnelle, et
qui se manifestent par les troubles les plus variés d'apparence uniquement
physique. L'hystérie est ainsi une forme de désagrégation mentale caractérisée
par la tendance au dédoublement permanent de la personnalité, une idée que
Freud et Breuer défendaient la même année (1893).
Ce livre s'adresse aux psychanalystes, psychologues psychiatres,
historiens et étudiants, intéressés par l'oeuvre de Janet, par la question de la
conscience, de l'hystérie, de l'hypnose et du somnambulisme.