Chasseurs parachutistes 1935-2005 : un ciel de gloire

Pionniers du parachutisme militaire avec Geille et Cahuzac au camp de Pujault en 1935,
groupes d'infanterie de l'air dans la tourmente de 1940, les chasseurs parachutistes sont à
l'origine des splendides formations TAP qui ont écrit en lettres de sang les pages les plus
glorieuses de ces soixante-dix dernières années.
Les «Bataillons du ciel» comme les a si bien nommés Joseph Kessel, naissent en Grande-Bretagne
du refus de la défaite. Un an après sa création, une unité d'infanterie de l'air se distingue
en Libye et en Cyrénaïque après avoir eu l'honneur d'être admise au Special Air
Service (SAS) en 1942. Tandis qu'au Maroc est formé le 1<sup>er</sup> régiment de chasseurs parachutistes
(RCP), en Angleterre, les 2<sup>e</sup> et 3<sup>e</sup> RCP constituent l'avant-garde de la Libération. Combattant
durement dans les Vosges, puis en Alsace, le 1<sup>er</sup> RCP s'illustre à Jebsheim dans les
premiers jours de 1945.
Mais voici l'Indochine, qui sera tout à la fois le calvaire et la gloire des parachutistes. Les 2<sup>e</sup>
et 3<sup>e</sup> RCP dissous, ce sont les trois bataillons du 1<sup>er</sup> RCP et le 10<sup>e</sup> BPCP qui relèvent le défi
des paras des rizières. Le 2/1<sup>er</sup> RCP succombera, comme ses frères d'armes, dans le cratère
embrasé de Dien-Bien-Phu. Déjà la relève est prête car voici la «Toussaint sanglante» qui
annonce la «Déchirure» algérienne. Quatre régiments : les 1<sup>er</sup>, 9<sup>e</sup>, 14<sup>e</sup> et 18<sup>e</sup> RCP constitués
d'appelés seront engagés dans cette guerre sans nom. Le 9<sup>e</sup> RCP se distinguera particulièrement
dans le secteur de Souk-Ahras sur le barrage algéro-tunisien en 1958. Au cours des
sept années de cette guerre difficile, les 1<sup>er</sup>, 14<sup>e</sup> et 18<sup>e</sup> RCP, sous le commandement de chefs
prestigieux, prennent également leur part de gloire et se montrent dignes de leur aînés.
Depuis, l'armée de terre a subi de profondes restructurations. Les TAP ont vu disparaître,
non sans nostalgie, plusieurs de leurs formations. Les chasseurs parachutistes qui étaient
présents partout où le devoir les appelait : au Liban, au Cambodge, dans les Balkans ont
vécu avec tristesse la dissolution du 9<sup>e</sup> RCP en juin 1999.
De cette phalange héroïque, après soixante-dix années au service de la France et des TAP,
seuls demeurent «les rapaces qui fondent du ciel». Le 1<sup>er</sup> RCP assume avec enthousiasme
toutes les missions que peut lui confier la Nation pour la défense de ses citoyens et la protection
de ses intérêts vitaux.