L'ultime liberté ?

«Aux partisans d'une euthanasie revendiquée
comme la liberté ultime d'une personne soucieuse
de sa dignité, je demande si la meilleure manière de
respecter cette liberté n'est pas de rétablir les conditions
d'un choix authentique. À leurs adversaires,
je rétorque qu'un discours basé sur la valeur de la
vie en soi établie en dehors du sujet ne saurait avoir
de valeur universelle.
Je me suis engagé dans ce débat car il me semble
qu'une question aussi grave que celle-là mérite d'être
traitée sans simplisme polémique. Elle relève de la
tragédie au sens propre du terme, c'est-à-dire d'un
ensemble de situations auxquelles il n'y a pas de
solutions heureuses.
En définitive, je propose que l'on sorte d'une opposition
manichéenne primaire entre deux extrêmes
irréconciliables : d'une part, l'ultime liberté de mourir
dans la dignité ; d'autre part, le caractère sacré de la
vie à tout prix, quelles qu'en soient les conditions et
le sentiment de la personne concernée.»