Le conte des contes ou Le divertissement des petits enfants

Le conte des contes ou Le divertissement des petits enfants

Le conte des contes ou Le divertissement des petits enfants
Éditeur: Circé
2015492 pagesISBN 9782842423858
Format: BrochéLangue : Français

Écrit en langue napolitaine, sous l'anagramme Gianlesio Abbattutis,

autour de 1625, et édité, posthume, en 1634-1636, Lo cunto de li cunti

de Giambattista Basile n'a jamais fait l'objet d'une traduction

intégrale en français. Il s'agit pourtant de l'une des productions

majeures de la littérature européenne du XVII<sup>e</sup> siècle. Il peut être

considéré comme un recueil de contes pour enfants, ainsi que son

sous-titre l'indique et l'on peut tenter de rechercher quelle

inspiration les contes du Napolitain avaient pu fournir à Perrault ou

à Grimm.

D'autres critiques, comme Italo Calvino, hésitent à inclure Basile

dans ce patrimoine, préférant souligner la richesse de l'invention

métaphorique et le délire de l'imagination voyageant du «sublime

au sordide». Ainsi selon Calvino «le Conte des contes est le rêve d'un

Shakespeare napolitain difforme, obsédé par tout ce qui est

effroyable, n'ayant jamais son compte de sorcières et d'ogres, fasciné

par les images alambiquées et grotesques, où la vulgarité se mêle au

sublime». Et sans doute ont-ils raison. Mercenaire à la solde de la

Sérénissime République de Venise, académicien, courtisan au contact

des centres culturels les plus prestigieux d'Italie, Venise d'abord, et

Mantoue où sa soeur, la chanteuse Adriana Basile régnait en diva,

poète dilettante et gouverneur de fiefs provinciaux aux environs de

Naples, Basile est un «aventurier de la plume».

Le Conte des contes n'est pas seulement un conte (celui de la

princesse Zoza, que Lucia, l'esclave mauresque aux jambes de

sauterelle, dépossède du prince qu'elle a ressuscité par ses pleurs)

qui engendre d'autres contes (ceux que les femmes racontent à Lucia

à qui Zoza a donné l'envie irrépressible d'entendre des histoires),

c'est un monument narratif qui orne et enrichit les structures

élémentaires du merveilleux d'une expérience d'artiste et d'homme.

Partant de la structure traditionnelle des nouvellistes antérieurs

(ici cinq journées au cours desquelles dix femmes difformes

racontent des histoires à une petite cour magique dont la princesse

est sur le point d'accoucher), il la transgresse, par le merveilleux, par

la langue napolitaine qu'il enregistre et magnifie, par la parodie et la

destruction du récit-cadre traditionnel, par l'auto-dérision enfin.

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