Ni cru ni cuit : histoire et civilisation de l'aliment fermenté

«Nous sommes les descendants de ces hommes et femmes
qui ont survécu à tous les aléas, depuis des millénaires,
grâce à leurs fromages, leurs poissons saumurés et leurs
saloirs remplis de viandes et de chou fermenté. Nous
sommes humains parce que nous cuisons nos aliments,
certes, mais aussi, et surtout, parce que, depuis encore plus
longtemps, nous les faisons fermenter. L'aliment fermenté
n'est pas un aliment comme les autres : la fermentation
apporte à l'alimentation une sorte de verticalité qui nous
conduit dans un autre domaine : la nourriture ne sert plus
seulement à sustenter le corps, mais elle acquiert un sens,
elle entre dans la dimension des relations humaines,
de la mémoire individuelle et collective, de l'histoire,
de l'identité des groupes sociaux, voire du sacré. Entre
le cru et le cuit, le fermenté a accompagné les humains
depuis le début de leur existence, et il est probable qu'il
ne s'éteindra pas tant que l'humanité habitera cette terre.»