L'ombre du héros : récit

«Le type tendit son bras dans la direction de la mer :
- Tu viens, on va boire un coup en bas.
Il fallait aller vers le haut, le camp, l'armée et ses futures servitudes, et on
lui proposait la mer et sa liberté. En le suivant sur la petite route, Alexis se
remémorait les conseils de sa mère : «...méfie-toi des fréquentations, ne suis
pas le premier venu...» Il aurait pu sauter dans un taxi et rejoindre le giron
militaire, au lieu de cela, il continuait à marcher aux côtés de ce grand type à
la chevelure rousse, qui lui expliquait :
- L'armée, l'Algérie, on verra ça demain, et ce sera bien assez tôt.
Pour des riens, des gestes qui convergent, des attitudes qui s'opposent, ces
deux là se choisirent dans un de ces moments où l'amitié, comme l'amour, fait
des siennes. Ils auraient pu, comme tant d'autres, se rencontrer, se connaître,
faire un bout de route ensemble, mais de là à faire équipe...»
P. P.