Onirocosmos : Henri Michaux et le rêve

Henri Michaux n'a eu de cesse de déplorer sa misère onirique. Pour
autant, les rêves touchent au plus près son oeuvre, révélant ses tensions, ses
contradictions. Ainsi, le recours frénétique au rêve éveillé s'impose comme
un dispositif destiné à tenir à distance une matière nocturne éminemment
problématique. En marge du surréalisme, les rêves du poète, inventés ou
transfigurés, entrent dans une fabrique onirique complexe dont les enjeux
sont esthétiques et hygiéniques : réorienter ses rêves pour s'orienter et
nous désorienter. C'est donc moins le travail du rêve que celui des textes et
des peintures animés par le rêve que questionne cet essai. Cet éclairage
offre un parcours intérieur qui épouse les mouvements de l'oeuvre et sa
diversité, des hallucinations aux demi-sommeils, des épreuves du corps au
rêve éveillé : une traversée de l'onirocosme.