La société idéale

Victor Cousin, philosophe et homme politique
français (1792-1867), publie en 1848 ce petit traité,
vibrant plaidoyer en faveur de la liberté et de la propriété.
Dans la première partie de son texte, Cousin définit
l'égalité comme l'égale liberté. Puis il fait l'éloge
du droit de propriété, compris comme fondement de
la justice et donc de la loi. Dans un second temps,
il ajoute un devoir de charité. Selon lui, en plus de
faire régner la justice, ce qui est sa mission principale,
l'État doit avoir du coeur et des entrailles. Toutefois,
ce devoir de charité n'implique pas, dit-il, un droit à
l'assistance ou un droit au travail. «Si vous m'arrachez
une obole, vous commettez une injustice. Il y a ici des
devoirs qui n'ont pas de droits corrélatifs.» La charité
n'est pas un dû, c'est un devoir.
1848 n'est pas une année comme les autres. En février
c'est la révolution, suivie par l'effondrement de la
monarchie de Juillet et la proclamation de la seconde
République. Mais c'est aussi, en France, l'émergence
du socialisme.