Fonctions paternelles et choix du patronyme

Conformément aux recommandations du Conseil de l'Europe
pour l'égalité des droits entre les sexes, la France s'est dotée
d'une nouvelle loi en matière d'attribution du nom de famille. Un
projet similaire est en suspens au parlement belge. Dans les deux pays,
les débats parlementaires ont, entre autres, posé la question des répercussions
possibles d'un changement juridique sur la place et le rôle du
père dans la famille et le psychisme.
Depuis plus d'un demi-siècle, les chercheurs en sciences humaines
décrivent une crise de la fonction paternelle. Cette fonction est complexe
et difficile à définir. Elle cumule les fonctions d'embrayeur du lien social,
d'initiateur de l'ordre symbolique, de partenaire de l'autorité parentale,
de modèle d'identification, de régulateur du désir et de la jouissance. Les
psychanalystes lui reconnaissent une fonction structurante fondamentale
théorisée en termes de métaphore paternelle et de Nom-du-Père.
À quelles réalités se rapportent ces notions ? Comment les situer dans
un modèle qui articule société globale, système familial et psychisme
individuel ? Comment comprendre la fonction paternelle et la fonction de
nomination en tant qu'opérateurs d'une dimension symbolique référentielle
? Finalement, le choix du nom de famille affecte-t-il la fonction paternelle
? Ces questions font l'objet d'une concertation interdisciplinaire
associant un historien, des anthropologues, une juriste, des psychologues
et des psychanalystes, et conclue par une réflexion transversale.