Modernités, n° 42. Ecritures de l'énergie

La notion d'énergie est particulièrement opératoire pour l'étude de la littérature des trois derniers siècles. Elle sera étudiée ici à la fois dans son versant thématique, dans son versant formel (stylistique), et dans son versant méta-littéraire (l'énergie de l'écriture, l'énergie créatrice).
Nous rencontrerons la problématique de la contradiction entre l'épuisement de l'énergie et le désir d'une énergie inépuisable, particulièrement au XIX<sup>e</sup> siècle du fait de l'arrière-fond épistémologique que constitue la thermodynamique : le principe de l'entropie prévoit l'épuisement de l'énergie libre (disponible) d'un système, qui est dépensée irréversiblement au cours du temps. À cela s'est opposé le rêve du mouvement perpétuel, de l'énergie inépuisable... La création littéraire peut-elle être envisagée comme une tentative néguentropique ?
La question de l'énergie débouche aussi assez vite sur la nécessité d'une problématisation éthique. Car si l'énergie peut être créatrice, elle peut aussi être destructrice. L'oeuvre littéraire peut-elle échapper au risque de véhiculer une énergie destructrice ?
La Première Partie de ce volume recouvrira une période qui va des Lumières au romantisme. La Deuxième Partie abordera l'arrière-fond épistémologique de la thermodynamique perceptible dans la littérature du XIX<sup>e</sup> siècle et du début du XX<sup>e</sup> siècle. La Troisième Partie s'orientera plus spécifiquement vers l'énergie de la poésie aux XIX<sup>e</sup> et XX<sup>e</sup> siècles. Enfin la Quatrième Partie concernera des enjeux idéologiques et des problématiques chronologiquement plus proches de l'époque contemporaine.