La mascarade de l'anarchie : suivi de cinq poèmes de 1819

Shelley (1792-1822) appartient à l'histoire. Mais à quelle
histoire ? La légende retient de préférence l'image éthérée
du poète élégiaque. Qui sait aujourd'hui que ses poèmes de
révolte ont accompagné pas à pas le mouvement révolutionnaire
de son temps et qu'à l'instar de ceux de Heine ils
sont restés à vif dans la mémoire ouvrière ? Ce recueil rassemble
autour de La Mascarade de l'Anarchie cinq
poèmes, écrits en 1819, année du massacre de Peterloo,
mais publiés seulement après la mort de Shelley. Comme
rarement dans l'histoire littéraire, la puissance lyrique et
l'esprit de refus y vibrent à l'unisson.
Dans sa préface, où la passion s'allie à une connaissance
sûre des écrits et des luttes de cet «exilé parmi nous»,
Hélène Fleury montre que la révolte fut loin d'être un
moment d'exception dans la vie du poète. C'est au contraire
la clef du destin exceptionnel de Shelley comme du malentendu
qui a recouvert son oeuvre d'un «masque» pour
en détourner le véritable sens. Et elle rend ainsi Shelley à
ses lecteurs naturels en exauçant enfin le voeu qui lui tenait
à coeur : publier «un petit volume de chansons populaires
entièrement politique». C'est ici chose faite !