Le chant du sabre

Yi Sun Shin est condamné à mort. Lors de la première bataille de
l'armée coréenne face à l'envahisseur japonais, il a désobéi au roi pour
sauver ses hommes. Nous sommes en 1592, et lorsque la défaite menace le
royaume peu de temps après, seul Yi Sun Shin paraît en mesure d'éviter
le pire. Sa condamnation est levée, et il est nommé commandant en chef
de la flotte coréenne.
La guerre sera longue, et se jouera essentiellement sur la mer. Yi est
un stratège hors pair ; les batailles navales qu'il mène - et gagne - sont
un modèle d'intelligence. Elles n'en sont pas moins exemptes de cruauté,
et le commandant nous décrit autant ses doutes et ses angoisses que la
violence du sabre : les succès militaires de chaque côté se mesurent en
nombre de têtes tranchées.
Comment échapper à la cruauté quand on doit faire son devoir ? Et
comment oublier la mort de son propre fils, ou le parfum d'une femme
aimée, dans la solitude du pouvoir ? Ce récit d'un homme qui affronte une
mort certaine, et qui s'interroge sans cesse sur le sens de sa vie, est d'une
beauté et d'une poésie bouleversantes. Les pleurs du sabre - ce sabre
qui vibre au moindre mouvement intérieur de son maître - répondent
aux pleurs silencieux du héros, pour devenir chant...