Le plan Sussex : opération ultra-secrète tripartite américano-franco-britannique, 1943-1944

Ils avaient un idéal...
En 1943, les grands réseaux de renseignement accusaient des pertes nombreuses et tragiques, et ce jusqu'à la fin du conflit. Ces réseaux avaient pour nom : Confrérie Notre-Dame (CND), Castille, F2, Saint-Jacques, Alliance, Brutus, Phratrie, Hunter, Ajax, Marco Polo, Cohors, etc.
Quasiment démantelés par la Gestapo , et la non moins redoutable Abwehr , les poches de résistance se composaient de patriotes très souvent arrêtés, torturés, déportés, ou fusillés.
En raison des infiltrations et trahisons, la fiabilité des informations n'avait bien vite plus du tout été jugée certaine. La répression s'accentuait au point que l'état-major du général Eisenhower, SHAEF, redoutait de ne plus avoir suffisamment de contacts au moment crucial, aussi bien pour le débarquement de Normandie que pour l'offensive qui s'ensuivrait.
Pour pallier ce problème, le grand état-major anglo-américain avait abouti dans ses pourparlers avec le général de Gaulle à ce que leur soit détaché une centaine de militaires français. Les Anglo-Américains avaient dû admettre que seuls des Français triés sur le volet auraient la possibilité, sans être bientôt découverts, de s'intégrer à la population de France occupée, dans les maquis ou au sein de divers mouvements de résistance. Ne pas parler le français comme un Français, ne pas avoir l'allure d'un Français était apparu rédhibitoire.
Le plan Sussex venait de voir le jour ; il contribuera largement à la réussite de l'opération Overlord, le débarquement en Normandie.