Revue d'histoire de la Shoah, n° 185. Les conseils juifs dans l'Europe allemande

Revue d'histoire de la Shoah, n° 185. Les conseils juifs dans l'Europe allemande

Revue d'histoire de la Shoah, n° 185. Les conseils juifs dans l'Europe allemande
2006573 pagesISBN 9782952440929
Format: BrochéLangue : Français

Souvent confondus sous le terme polémique

de Judenrat , les conseils placés par les

Allemands à la tête des communautés juives

de l'ensemble de l'Europe occupée ont-ils été

des machineries impeccables autant qu'implacables,

transposables dans tous les pays

avec la même efficacité ? Précocement expérimenté

à Vienne en 1938, le modèle autrichien

du Judenrat domine les localités juives de Pologne où les situations

sont cependant diverses. Ce modèle du Judenrat est ensuite transposé par

les Allemands en 1941 aux communautés juives de Salonique, des pays baltes

et des territoires soviétiques envahis, puis, en mars 1944 aux communautés

juives de Budapest quand s'enclenche l'extermination des Juifs de Hongrie.

Mais ce modèle ne correspond pas à la situation qui prévaut en Europe occidentale,

si l'on excepte le cas d'Amsterdam.

Depuis plus d'un demi-siècle, le sujet est un enjeu de mémoires, souvent

relayé par des articles, des ouvrages polémiques, voire des procès. Ils visent

des «notables» juifs présumés «collaborateurs» : mais ce terme, qui

implique un choix idéologique et une marge de négociation entre vainqueurs

et vaincus, est-il pertinent quand il s'agit des Juifs ? Ces dirigeants étaient-ils

étrangers à leurs communautés, étaient-ils «créatures» des nazis ? Placés à

la tête des oeuvres d'assistance, avaient-ils un programme ? Pouvaient-ils

être accusés d'avoir sciemment aveuglé leurs coreligionnaires au sujet des

préparatifs de l'extermination, voire, pour prix de leur propre survie, de les

avoir livrés ? Après guerre, de nombreux jurys d'honneur ont mis en cause

des dirigeants de Conseils juifs (Amsterdam, Bruxelles, Paris, Europe centrale

et Israël, même lors du procès Kasztner de 1955). Périodiquement relancées,

ces accusations portent la marque d'un débat éthique dont la philosophe

Hannah Arendt s'était fait l'écho au moment du procès Eichmann en 1961.

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