L'année du cyclisme 2012

La saison cycliste se vit, course après course, comme un feuilleton,
une saga. Pour chaque épreuve, les coureurs écrivent l'histoire
du jour, au gré de leur forme, de leur inspiration - originale,
sincère, forte, émouvante. Les rebondissements se multiplient, le
suspense est omniprésent : les coureurs sont des héros, heureux
ou malheureux. Et, mises bout à bout, ces épreuves constituent
une année de cyclisme...
Le Tour de France s'est une nouvelle fois taillé la part du lion. Certes,
son déroulement ne fut pas aussi rocambolesque que l'année précédente,
mais la force avec laquelle Bradley Wiggins a construit son récit inspire
le respect. De nouveaux coureurs ont été à la fête en 2012. Outre
Wiggins, Ryder Hesjedal a enlevé avec brio le Tour d'Italie. Si l'on
ajoute à ces deux grandes victoires celles de Wiggins sur Paris-Nice et
dans le Dauphiné, et celle de Simon Gerrans sur Milan-San Remo, on
peut affirmer que le cyclisme anglo-saxon se porte à merveille.
S'il fallait désigner une invitée d'honneur pour cette année 2012, la
Belgique serait en première ligne. Présent sur tous les fronts au
printemps grâce à Tom Boonen, vainqueur de Paris-Roubaix et du
Tour des Flandres, le «Plat Pays» s'est hissé au sommet en fin de saison
lors des Championnats du monde, remportés par Philippe Gilbert.
L'Espagne ne fut pas en reste. Maîtresse chez elle avec les réussites de
Samuel Sánchez au Tour du Pays basque et d'Alberto Contador sur la
Vuelta, elle a aussi connu des succès hors de ses frontières avec l'épreuve
de la Flèche wallonne, remportée par Joaquim Rodríguez. Coureur
controversé, Alexandre Vinokourov nous a gratifiés aux jeux Olympiques
d'un ultime chef-d'oeuvre.
Et les Français ? Une révélation - Thibaut Pinot - et une confirmation,
avec le talent de Pierre Rolland. Mais le cycliste fétiche reste Thomas
Voeckler, chef de file d'une école où l'audace le dispute au courage !