La Préface de la Phénoménologie de l'esprit de Hegel : de la Préface de 1807 aux Recherches de 1809

La Préface de la Phénoménologie de l'esprit de Hegel : de la Préface de 1807 aux Recherches de 1809

La Préface de la Phénoménologie de l'esprit de Hegel : de la Préface de 1807 aux Recherches de 1809
Éditeur: Ousia
2003344 pagesISBN 9782870601037
Format: BrochéLangue : Français

La « Préface `de' ou `à' la Phénoménologie de l'esprit » se

trouve ainsi bien mal nommée dans la mesure où elle ne

constitue pas un envoi ou une introduction à cette oeuvre,

mais bien à l'ensemble du système hégélien. La Préface de

1807 (date de sa publication) constitue alors avant tout une

mise au point exotérique sur le point de vue spéculatif hégélien

en tant qu'il se démarque du schellingien et de son

abstraction. Si l'affaire ( die Sache ) de la philosophie, pour

Hegel, est bien l'absolu, l'effectif, le vrai, la Préface de 1807

insiste tout particulièrement sur le fait que la philosophie

envisage non pas seulement le vrai, mais "la vraie figure de

la vérité" ou encore "le vrai dans la forme du vrai" tandis

que le point de vue schellingien, et son intuition spéculative,

envisage le vrai sous une forme non-vraie puisque seulement

intuitive, appréhendant ainsi la médiation qu'est l'absolu

sous une forme immédiate et donc "l'effectivité même sous

une forme ineffective". Cette vraie forme du vrai qu'expose

la philosophie accomplie qui accède, comme le veut Hegel,

au statut de science, est celle du concept. Cependant, si toute

une rhétorique hégélienne souligne, au sein de la Préface de

1807 , cette dimension conceptuelle de la philosophie scientifique,

le pénultième paragraphe de cette préface n'en suggère

pas moins qu'il doit être fait droit au point de vue opposé,

celui de l'intuition pourtant tant mis à mal par ce texte, à son

exigence, et ainsi, qu'à l'instar du néo-platonisme, raison et

sentiment, concept et intuition ou même concept et extase

( Ekstase ) ne doivent pas être disjoints mais au contraire réconciliés.

Tel est le coup de tonnerre, en général insuffisamment

souligné, que réserve ce texte majeur en son ultime

moment - coup de tonnerre qui fait du hégélianisme un

rationalisme mystique à la fois distinct d'un rationalisme

"froid" et d'un mysticisme exalté et imaginatif critiqué sous

le nom de Schwärmerei.

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