De Lautréamont à Francis Bacon : les films de Cocteau comme lien intertextuel

Cocteau, dont le rayonnement littéraire est bien connu, a été aussi un cinéaste de génie, ce que peu de cinéphiles savent. Francis Bacon a puisé l'idée de plusieurs de ses peintures dans Le Sang d'un poète, parce que ce film montrait une succession de faits surréalistes, c'est-à-dire « plus réels que le réel », et aussi à cause de la beauté de l'acteur tenant le rôle du poète. Et c'est un film de Cocteau encore, Orphée , qu'Aragon a retenu comme hypotexte pour son roman La Mise à mort.
Lautréamont constitue l'armature de notre enquête. Ses Chants de Maldoror (1869) étaient tellement en avance sur leur époque qu'aujourd'hui encore il peut être considéré comme un poète d avant-garde. Méconnu ou rejeté, il a pourtant inspiré quelques-uns des plus grands créateurs du XX<sup>e</sup> siècle, ébranlés par la puissance de son souffle poétique et l'audace de son écriture.
Ce livre met en lumière le rôle capital que ce jeune Montévidéen, mort à l'âge de 24 ans, a joué dans la littérature et l'art : les oeuvres d'Alfred Jarry, de Giovanni Papini, de Louis Aragon et de Francis Bacon en portent la marque.