Anamnèse, n° 5. Trois linguistes (trop) oubliés : Antoine Meillet, Sylvain Lévi, Ferdinand Brunot : actes des journées d'études (IMEC, abbaye d'Ardenne, Caen, 15-17 septembre 2008)

Anamnese
Ce volume contient les actes d'un colloque interdisciplinaire (IMEC, Abbaye d'Ardenne, Caen, 15-17 septembre 2008), consacré à l'oeuvre et au legs scientifique et Intellectuel de trois linguistes, philologues et historiens de langues et de cultures : Ferdinand Brunot (1860-1938), Sylvain Lévi (1863-1935) et Antoine Meillet (1866-1936). Les contributions au volume relèvent, au-delà de différences de carrières et de méthodes de travail, de profondes convergences : ces trois figures, qui se connaissaient et s'estimaient mutuellement, furent tous les trois des intellectuels engagés. Lévi fut membre et président de l'Alliance Israélite et dénonça en 1933 les persécutions antisémites ; Meillet, auteur d'un ouvrage sur Les langues dans l'Europe nouvelle (1918), fit entendre sa voix à propos de la « question arménienne » et rédigea des rapports sur l'Arménie, la Pologne et la Lithuanie à l'intention du comité chargé de préparer la Conférence de la Paix à l'issue de la première guerre mondiale ; pendant la « Grande Guerre », Brunot fut maire du XIV<sup>e</sup> arrondissement de Paris et réalisa un important travail humanitaire, Meillet, Lévi et Brunot, savants de grande renommée internationale, universellement reconnus comme des autorités dans leur domaine, sont aussi reliés par une visée « sociologique » et « ethnographique » qui les rattache à la pensée et à l'oeuvre d'auteurs comme Emile Durkheim, Lucien Febvre, Lucien Lévy-Bruhl et Marcel Mauss ; par là, ils ont participé à un courant de pensée « socio-anthropologique » qui a affecté les sciences humaines, particulièrement en France, dans les années 1900-1940.