Vinland saga. Vol. 12

Vinland saga. Vol. 12

Vinland saga. Vol. 12
Éditeur: Kurokawa
2013191 pagesISBN 9782351429297
Format: PocheLangue : Français

Esclave à la ferme de Ketil, au Danemark, Thorfinn n'a plus grand-chose

à voir avec le mercenaire qui arpentait les champs de

bataille dans l'espoir de venger son père en tuant le cynique

Askeladd. Au contact des habitants de la ferme, qu'ils soient libres

ou esclaves, Thorfinn découvre une nouvelle vie loin des combats,

faite de dur labeur, de sueur et de terre. Toujours hanté par ses

crimes passés, il fait le serment de renoncer à la violence. Mais

lorsqu'un esclave en fuite arrive dans le domaine de Ketil avec

à sa poursuite le Serpent et ses hommes, il devra décider s'il n'est pas

des situations qui méritent que les hommes d'honneur se battent.

Dans toute la documentation que j'ai épluchée, les

Vikings sont décrits comme un peuple qui aimait la liberté

et haïssait être dominé. Ils avaient aussi la conviction que

la liberté se prenait et se gardait par la force. Il n'y avait

pas d'autre moyen pour soumettre un Viking que par la

force ou par l'argent. «Roi» n'était que l'autre nom de

celui qui possédait la plus grande puissance. Mais si on

suit cette logique, cela sous-entend qu'il est normal que

les faibles soient soumis, et qu'il est donc aussi normal

qu'on leur prenne leur liberté. Dans une société où

la force fait autorité, il était normal que les humains les

plus faibles deviennent esclaves. Dans la conscience

collective de ce peuple, la faiblesse qui les empêche

de défendre leur liberté et leur indépendance est à

blâmer. Les forts n'ont pas à se sentir coupable de vendre

ou d'acheter les faibles, de les réduire en esclavage

et parfois même de les tuer. Telle était leur culture.

Comment pouvaient bien vivre les gens au coeur doux ?

Je suis sûr qu'il devait y en avoir, des gens qui détestaient la

loi du plus fort et les brutalités envers les faibles. À voir un

tel décalage entre la réalité du monde et leurs propres

valeur, ils devaient vraiment souffrir.

Mais ils ne devaient pas pouvoir dire ce qu'ils avaient sur

le coeur. Même lorsqu'ils voyaient des esclaves maltraités,

ils devaient sûrement les plaindre sans pouvoir rien

faire pour les aider. Incapables de surfer sur la vague

de leur époque, c'étaient naturellement de pauvres

inconnus. Non, ils étaient peut-être eux-mêmes esclaves.

Seuls les forts laissent leur nom dans l'Histoire et les générations

futures n'entendent jamais parler de ces minorités

de gens ordinaires. C'est ce qu'il y a d'ennuyeux avec

l'Histoire. Moi, j'aimerais pourtant savoir.

Makoto Yukimura

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