L'expression du pouvoir au début de l'Empire romain : autour de la Maison carrée à Nîmes : actes du colloque, Nimes, Carré d'art, 20-22 octobre 2005

L'expression du pouvoir au début de l'Empire romain : autour de la Maison carrée à Nîmes : actes du colloque, Nimes, Carré d'art, 20-22 octobre 2005

L'expression du pouvoir au début de l'Empire romain : autour de la Maison carrée à Nîmes : actes du colloque, Nimes, Carré d'art, 20-22 octobre 2005
Éditeur: Errance
2009223 pagesISBN 9782877723800
Format: BrochéLangue : Français

La Maison Carrée de Nîmes exerce un réel pouvoir d'attraction, tant sur les habitants de la ville que

sur les visiteurs. Ce qui fascine ? La beauté du monument, à l'architecture équilibrée et à la décoration

d'une simplicité recherchée. Mais la Maison Carrée, c'est aussi le symbole du nouveau pouvoir qui

s'établit à Rome à l'époque augustéenne. En 27 avant J.-C., Auguste crée un nouveau régime : le

principat. Bâti sur les décombres des guerres civiles qui l'opposèrent aux assassins de Jules César, puis

à Marc Antoine et Cléopâtre, le principat maintient d'abord la fiction d'une continuité de la République

romaine. Il lui faut ensuite se donner une légitimité et assurer sa pérennité, afin de survivre à son

fondateur. Auguste va donc faire oeuvre de propagande. Entre le centre du pouvoir et les provinces

s'est mise en place une communication politique qui insiste sur la paix et l'abondance retrouvées

grâce à l'action du Prince. L'entourage d'Auguste et sa famille ont aussi leur place dans cette mise en

scène, en particulier ses petits-fils : les "princes de la jeunesse" Caius et Lucius. La mort précoce de

ces derniers, qu'Auguste considérait comme les continuateurs de son oeuvre, et le traumatisme qu'elle

engendre dans tout l'empire, suivie de leur divinisation, ont suscité un culte dynastique qui contribuera

aussi à la survie du régime. Un exemple exceptionnel est fourni par la Maison Carrée : un temple

dédié aux princes de la jeunesse. En cette période où une minorité de la population seule savait lire,

Auguste et ses successeurs vont inscrire, dans la pierre des monuments, un nouveau langage

graphique.

Mais la Maison Carrée, c'est aussi l'histoire du formidable travail d'archéologues et d'érudits, parmi

lesquels Jean-François Séguier, qui déchiffra l'inscription de la façade. A l'occasion du bimillénaire

de la construction de la Maison Carrée, à l'initiative de la Ville de Nîmes et du Musée archéologique,

une réflexion à plusieurs voix s'est engagée, associant historiens, archéologues, historiens de l'art et

linguistes. Le bilan présenté insère la Maison Carrée dans le contexte plus large de l'Empire romain

et de l'ensemble de la Gaule. Les divers chapitres abordent les formes que prend le nouveau pouvoir

qui s'établit à Rome et les réalisations auxquelles donne lieu son acceptation. L'architecture et son

décor, la statuaire, les images monétaires sont interrogés sur leur capacité d'expression et de suggestion.

Les textes, ceux des auteurs de l'époque, historiens ou poètes, autant que les inscriptions gravées sur

les monuments publics ou dans les lieux de la vie collective éclairent aussi ces changements politiques

et idéologiques. D'amples perspectives sont ainsi tracées, qui donnent à l'ouvrage un incontestable

contenu historique. En même temps la Maison Carrée, comme monument du présent, est replacée

dans sa durée jusqu'à l'époque moderne, puisqu'on envisage son intégration dans les quartiers de la

ville aux époques récentes et sa situation dans l'imaginaire urbain.

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