Tombeaux poétiques et artistiques : fortunes d'un genre

Tombeaux poétiques et artistiques
Fortunes d'un genre
Le « tombeau poétique » apparaît en France, au XVI<sup>e</sup> siècle : il s'agit d'un recueil collectif pour un puissant, qui fait concurrence au monument de pierre pour assurer la gloire du défunt célébré. Le tombeau connaît une histoire à éclipses : il se constitue en genre musical, avant d'être ressuscité poétiquement à la fin du XIX<sup>e</sup> siècle, même si la forme collective se raréfie, et persiste aux XX<sup>e</sup> et XXI<sup>e</sup> siècles. Or, fait remarquable, le terme n'a pas d'équivalent exact dans d'autres langues. Le genre serait-il spécifiquement associé à la langue française ?
Les études réunies dans ce volume mettent en regard les tombeaux français avec de possibles équivalents : élégie anglaise, stances espagnoles, monument russe, oeuvres « in memoriam » . Cet ensemble permet ainsi de conduire une réflexion sur les spécificités des genres dans différentes traditions, mais aussi sur les liens qui les unissent. Il s'inscrit en outre dans une perspective intermédiale, en confrontant poésie, musique, peinture et sculpture. Ce faisant, il pose des questions essentielles sur le rapport de l'art au deuil, à la mémoire, mais aussi à la transmission et à la tradition.