Côte d'Ivoire : sous le règne du faux

«Le monde est faux», aurait écrit l'écrivain malien Yambo
Ouologuem, une critique de l'hypocrisie généralisée dans la vie
de tous les jours. Son livre, qui n'a jamais été publié, serait le
dernier écrit connu de l'auteur de Le devoir de violence publié en
1968, puis de Lettre à la France nègre en 1969. Le monde est
faux !
Le monde est tellement faux que bien souvent, les vraies
valeurs sont ignorées, parfois méprisées, martyrisées, au profit du
mensonge généralisé entretenu par toutes sortes de réseaux, dont
les maîtres dans nos États se sont dotés et qui rythment toute
la vie. La fausse apparence est devenue le modèle de vie, et les
«maîtres» de ce monde ont élevé au rang de règle la tricherie et
la fourberie. On a fait de la duplicité une méthode de réussite,
de la prostitution une preuve de capacité d'attirance, et de la
corruption un système de régulation des relations au quotidien.
Partout, les faux dévots mènent le jeu, un jeu perfide de perdition
de l'humanité dont, pour exister, chacun semble s'accommoder.
C'est le règne de l'imposture...