Masques : de Carpeaux à Picasso : expositions, Paris, Musée d'Orsay, 20 oct. 2008-10 févr. 2009 ; Darmstadt, Institut Mathildenhöhe, 8 mars-7 juin 2009 ; Copenhague, Ny Carlsberg Glyptotek, août-octobre 2009

Le masque demeure un objet énigmatique par excellence, empreint à la fois de l' inquiétante
étrangeté d'une feinte du visage et du jeu sur les apparences. Objet de métamorphose destiné à
dissimuler le visage à des fins religieuses ou théâtrales dans les sociétés anciennes, le masque
connut en Europe, notamment en France, un renouveau et un succès considérable à la fin du
XIX<sup>e</sup> siècle et au début du XX<sup>e</sup> siècle, entrant en résonance avec tous les arts visuels. Étape dans la
réalisation d'un portrait, réduction de ce dernier à l'essentiel, élément décoratif ou architectonique,
ce genre de la sculpture, pourtant si familier, a rarement été étudié pour lui-même.
Réunissant des oeuvres majeures de Rodin, Carriès, Böcklin, Klinger, Gauguin, Picasso et d'artistes
moins célèbres mais dont la production de masques se révèle souvent très surprenante, cet
ouvrage dresse ainsi une galerie de portraits, réelle et imaginaire, séduisante ou menaçante,
qui se prête à la fantaisie sérieuse des audaces expérimentales de la fin du XIX<sup>e</sup> siècle et du
début du XX<sup>e</sup> siècle et propose un cheminement autour d'une histoire ininterrompue du visage
défait. Une fraction, troublante, d'humanité.