Cultures d'Europe centrale, hors série, n° 7. Miroirs brisés : récits régionaux et imaginaires croisés sur le territoire slovaque

Lorsqu'au début du XX<sup>e</sup> siècle, quelques patriotes entreprirent d'écrire une histoire « slovaque », ils en avaient une conception bien sommaire reposant sur le territoire d'un slovenské etnikum grossièrement construit. La représentation « nationale » ne correspondait alors pas à ce qui allait devenir le cadre territorial de référence, la Slovaquie actuelle. Au moment des changements politiques et frontaliers des années 1918-1920, un nouveau récit historique s'élabora. Dès lors, et tout au long du XX<sup>e</sup> siècle, grande fut la tentation d'évacuer certaines dimensions de l'appartenance millénaire du territoire slovaque au royaume de Hongrie et d'en taire la construction par apports et installations successifs : de nouveaux récits gommèrent tout ou partie du complexe héritage politique, symbolique, culturel, architectural, littéraire et religieux, sous prétexte qu'il témoignait insuffisamment d'une vie « nationale », qu'elle fût slovaque ou tchécoslovaque.
À bien y regarder, cette diversité marqua le territoire et les hommes par les cadres mentaux, juridiques, politiques et sociaux qu'elle imposait et elle continua d'irriguer culturellement et politiquement l'entre-deux-guerres. Ce volume présente des contributions qui reflètent cette richesse et cette diversité sociale et culturelle.
Pozsony, Pre(...)burg, pourquoi pas. Plus il y a d'admirateurs et de prétendants, mieux c'est.
Il y a bien un Ru(...)omberok, alors pourquoi pas Pre(...)porok ?
Ce nom atteste que les Slovaques aussi se sont approprié la ville, et depuis longtemps. [...]
Eh bien non, de mon temps ce n'était que Bratislava, exclusivement. La ville qui renonce aussi facilement à son passé, ne mérite pas un avenir meilleur.
Pavel Vilikovský, « Ma Bratislava à moi »