Laver, monder, blanchir : discours et usages de la toilette dans l'Occident médiéval

En dépit du mépris du corps que prônent les ascètes chrétiens,
la toilette occupe une place non négligeable dans l'Occident
médiéval, aussi bien dans le quotidien des hommes que dans leurs
écrits. Elle revêt de multiples fonctions, dont ce recueil explore
les diverses facettes. Fonctions érotiques, qui correspondent au
discret parfum de scandale des étuves et des bains privés ; fonctions
hygiéniques et thérapeutiques qui, à travers le prisme déformant
de la littérature, donnent lieu à deux images antithétiques, le bain
guérisseur ou le bain meurtrier, le bain qui nettoie ou le bain qui
souille.
Quel qu'en soit le mode, la toilette apparaît toujours comme
l'agent d'une transformation concrète ou symbolique. Elle révèle,
sous le voile de la saleté, la blancheur de la peau ; elle dépouille
l'âme de sa noirceur.