Les Etats-Unis et la Société des nations (1914-1946) : le système international face à l'émergence d'un superpuissance

Bien qu'ils n'aient pas adhéré à la Société des Nations, les États-Unis
ont largement participé à ses activités, jouant un rôle déterminant dans
le développement des sections techniques, ancêtres des agences spécialisées
de l'ONU (santé, travail, questions économiques, coopération
intellectuelle). Les principaux acteurs de cette participation sont
les fondations philanthropiques, notamment la Rockefeller foundation
et la Carnegie endowment for international peace. Décidées à intégrer
coûte que coûte les États-Unis dans le système sociétaire afin de pouvoir
influer sur l'élaboration de normes internationales, les fondations
sont tout au long de l'histoire de la SdN des soutiens financiers et des
partenaires intellectuelles majeures. Le gouvernement américain n'est
pas absent du processus : comprenant l'intérêt de ne pas rester aux portes
de l'organisation internationale, il envoie des experts dans les multiples
commissions créées par la SdN et soutient discrètement l'activité des
fondations. La participation américaine, officieuse mais massive, contribue
ainsi à remodeler dès l'entre-deux-guerres le système international.