Aide sociale à l'enfance : maltraitance : témoignage d'une institutrice en Foyer de l'Enfance

Aide sociale à l'enfance : maltraitance : témoignage d'une institutrice en Foyer de l'Enfance

Aide sociale à l'enfance : maltraitance : témoignage d'une institutrice en Foyer de l'Enfance
Éditeur: Ed. libertaires
2004215 pagesISBN 9782914980098
Format: BrochéLangue : Français

Ils ont quelques mois, quelques années, et même parfois davantage.

Ils sont arrivés là parce que... !

Parce que nés sous X. Victimes de maltraitances. En situation

d'abandon. Médaillés d'or des dégâts collatéraux de la dislocation des

couples. Tatoués au fer rouge du chômage du père. De la mère. Des

deux. De la misère. De l'alcool. De l'implosion de tout repère familial,

social ou autre... !

Ils sont arrivés là dans l'urgence. Soi disant provisoirement. Le temps

de... Et ils y restent généralement des années carrées parce que...

Parce que la bureaucratie, le corporatisme, l'incohérence entre

administrations, l'irresponsabilité, le manque de volonté, de projet, de

courage...

Oh, certes, ils «bénéficient» du gîte et du couvert. Et, donc, de ce qui

constitue l'essentiel au royaume de la survie. Mais... !

Pauvres mômes !

Mômes de pauvres, oui ! Condamnés à pourrir dans une institution qui,

comme l'institution judiciaire, a pour fonction principale de

lobotomiser ces innombrables miséreux susceptibles de se muer en

classes dangereuses pour...

Nicole Maillard-Déchenans a été un temps instit en Foyer de l'Enfance.

La pratique des techniques Freinet et de la Pédagogie Institutionnelle,

dans sa classe, l'a mise au coeur de l'éternelle confrontation entre un

possible réformiste qui n'aboutit jamais, sinon à la marge, et une

nécessité, sinon révolutionnaire, mais, du moins, en rupture avec une

logique institutionnelle et sociale. Et elle nous raconte tout cela. Par le

menu. Sans en rajouter. Mais sans rien oublier. Avec la révolte au coeur.

Mais sans caricature aucune. Presque avec retenue. Et c'est encore plus

dévastateur. Car son récit ne dénonce pas un enfer concentrationnaire

sanguinolent qui n'existe pas mais celui du quotidien d'une logique

institutionnelle de meurtre psychique et d'extermination sociale.

Que ce livre, qui énonce simplement, au rythme tranchant du scalpel,

que cent mille coups d'épingles tuent aussi sûrement qu'un seul coup

de massue, ait reçu le grand Prix «Ni Dieu Ni Maître» 2004, n'étonnera

que ceux qui, pour ne s'être jamais étonnés de rien, s'étonneront

toujours de tout !

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