Image et vie privée

Au seuil de ce modeste ouvrage, un bref rappel historique permettra de
mieux situer les réflexions qu'il comporte. C'est que leur auteur s'est, au
cours de la décennie 1960-1970, nourri des échanges entretenus, réalisme
et enthousiasme mêlés, avec les participants aux rencontres de
Porquerolles, animées, avec quelle passion, par le regretté Albert PLECY.
Là, grâce à sa vivifiante intercession, se retrouvaient les GENS
D'IMAGES - éditeurs, journalistes, photographes - qui dès cette époque
s'interrogeaient sur les libertés et les limites inhérentes à la fixation et à la
diffusion de l'image, tous médias confondus. Et dans le même temps,
interrogeaient le juriste - avocat de surcroît - aux fins de trouver des solutions
acceptables pour les parties en cause et en particulier le sujet représenté
dans l'image. Une étude raisonnée s'imposait, débouchant sur l'analyse
des relations de l'auteur de l'image avec la personne qui y figure.
Relation contractuelle lorsqu'il s'agit d'un client ou d'un modèle dans le
cadre de la création, relation de pur fait lorsque la diffusion de l'image du
sujet participe de la liberté d'expression et du droit à l'information.
Ainsi naquit le premier essai consacré au «Droit de la personne sur son
image» (LGDJ 1969) suivi d'autres «Réflexions sur le projet de loi relatif
à la protection de la vie privée» (Gazette du Palais - mai 1970). Celles-ci
comme celui-là ont d'ailleurs inspiré tout à la fois le législateur et la
jurisprudence, y compris en ce qui concerne la terminologie adoptée, tout
en demeurant curieusement méconnus des commentaires récents. Aussi
n'en voudra-t-on pas à leur auteur d'avoir fait état de ce rappel en guise
d'action en reconnaissance de paternité. Du moins mesurera-t-on plus
aisément son souci de continuité, sans cesse inspiré par la volonté de voir
s'instaurer des règles de droit qui veillent au respect du bons sens et de la
justice. cf : Daniel Becourt - Le droit de la personne sur son image
(LGDJ 1969). La personne face aux médias. Rapport introductif au colloque
de Libre Justice - 4 mars 1994 GP 2 au 6 septembre 1994.