Néné Salé : récit d'une naissance

Néné Salé
« Au fur et à mesure que Néné Noumou grandissait, notre désir d'avoir encore un enfant devenait plus ardent. D'abord parce que nous avions réalisé que nos trois enfants représentaient pour nous la plus grande richesse et nous voulions obtenir un trésor de plus. Au-delà de nos relations très affectueuses avec chacun de nos enfants, notre vie de famille (bien que souvent agitée et parfois épuisante) nous procurait bien de joie et de quiétude. Nous avions de l'amour à partager et du bien-être à offrir. Aussi, Néné Noumou nous demandait, depuis qu'elle était toute petite, une soeur (oui, elle parlait toujours d'une soeur). Toutefois, les années passèrent, et notre voeu d'avoir un quatrième enfant n'avait toujours pas été exaucé. Lorsque Néné Noumou a eu ses cinq ans, j'ai commencé à m'inquiéter. J'avançais en âge (le seuil de la quarantaine franchi) et je me demandais si j'étais encore en mesure de concevoir. Je me mis à consulter des médecins, à faire des examens, à prendre des médicaments. En vain. Mon désespoir grandissant, j'étais prête à aller plus loin, décidée à suivre des traitements au Sénégal tout à côté, ou plus loin, en Hongrie, dans mon pays natal. Toutefois, Moumini, mon cher mari, gardait sa sérénité habituelle et restait réticent face à mon ardeur : "Laissons la nature faire son travail ! Si cela doit arriver, ça viendra ! N'insistons pas là-dessus !" Me rassura-t-il. »