Le monde arabe face à ses démons : nationalisme, islam et Juifs

Révolution démocratique dans le monde arabe. Ah ! si c'était
vrai , précédent livre de l'auteur était écrit fin 2011, au moment
même où les résultats des élections confirmaient son
pronostic : le printemps arabe allait vite perdre son jasmin,
l'islamisme était la seule force capable de prendre le pouvoir,
et ce processus ne pouvait donc être qualifié de «révolution
démocratique». À moins, bien sûr, de réduire la démocratie
au seul suffrage universel, et de se refuser de prendre en
compte que pour l'islamisme, « dimoukratya kafra », la démocratie
est mécréance.
Mais la réalité du monde arabe et musulman est encore plus
tragique. Le déficit démocratique n'est pas que quantitatif ,
il est aussi, et surtout, qualitatif : les forces favorables
à la démocratie, d'origines politiques très diverses, sont non
seulement numériquement extrêmement faibles, elles ont
elles-mêmes longtemps été nourries et formatées par des
courants de pensée non démocratiques : nationalisme, islamisme,
communisme.
Or sans pensée démocratique, il n'y aura jamais de «révolution
démocratique». Après avoir cru nécessaire, dans son
précédent opus, de faire un état des lieux, du côté du corps,
il a donc poursuivi le même travail mais du côté de la pensée.
Quels sont les démons, dans le monde arabe et musulman,
qui bloquent la pensée autant des simples citoyens que des
intellectuels ? Si la pensée se nourrit du dissensus, quelles
sont donc les figures de l'unanimisme qui tuent la pensée, au
sens figuré comme au sens propre, même de l'intelligentsia
qui se veut « progressiste » ?
Prolégomène à une nouvelle pensée démocratique la déconstruction
n'en est-elle pas un préalable... ?