On sera rentrés pour les vendanges

Mars 1915. «La boue, la merde,
le froid.»
C'est l'hiver, au fond d'une
tranchée. Réunis par le hasard,
issus de tous les milieux,
venus de Paris et de toutes les
provinces, des hommes qui ne
savent pas vraiment pourquoi
ils sont là, ni qu'ils vont vivre
l'horreur. Ils sont partis en
août 14, en chantant On sera rentrés pour les vendanges , et depuis le temps
s'est arrêté. Ils comptent les morts, se tiennent le ventre, se font écharper par
les obus et les mitrailleuses ennemies. Ils apprennent à se connaître, à s'aimer,
à se haïr, ils se parlent, ils se déchirent, ils fraternisent parfois avec ceux d'en
face, ils se révoltent, ils se mentent.
Ils se disent qu'ils vont crever là, et qu'ils seront oubliés à jamais...
Dans une langue rageuse, parfois très crue, mais puissamment imagée et
colorée, Daniel Stilinovic leur donne la parole.