Jean-Louis Wagnière ou Les deux morts de Voltaire : correspondance inédite

« Dites-nous, célèbre Arouet... », avait lancé Jean-Jacques Rousseau. On pourrait écrire ici : « Dites-nous, fameux Wagnière... », car chacun sait que Jean-Louis Wagnière fut, de 1754 à 1778, le dernier secrétaire, l'homme de confiance et l'ami de Voltaire. Il fut aussi, après la mort du philosophe, celui qui transféra sa bibliothèque jusqu'à Saint-Pétersbourg, à la demande de l'Impératrice Catherine II. Un dévouement inlassable, que Christophe Paillard met en lumière grâce aux nombreux billets, lettres et reçus que Wagnière adressa à Mme Denis, à Grimm ou à Condorcet pour régler la douloureuse succession de Voltaire. Parce que, de vente en vente, trois mois suffirent pour anéantir « l'Auberge de l'Europe » bâtie par le patriarche à Ferney. Parce que trois mois suffirent pour disperser les manuscrits, vendre les terres et le château... Deux siècles après, la publication de ces documents inédits permet enfin de comprendre les secrets de cette dispersion sulfureuse, qui fut comme une seconde mort du philosophe.