Economie politique (L'), n° 43. La crise alimentaire qui vient

Le capitalisme contemporain pose quatre problèmes d'envergure
: ses méthodes de production entretiennent une
crise écologique qui peut anéantir la planète ; le mode de
fonctionnement intrinsèque de sa finance produit une instabilité
destructrice de croissance et d'emploi ; la répartition
des revenus qu'il suscite accroît les inégalités ; alors
que la Terre peut a priori nourrir ses habitants, tous les
experts annoncent une crise alimentaire qui vient.
La bonne nouvelle, c'est que l'arrivée au pouvoir de
Barack Obama a incontestablement changé la donne
mondiale, le message américain étant désormais que la
planète doit être sauvée, la finance régulée et les hauts
salaires maîtrisés. De plus, le G20 est en train de se substituer
au G8 pour trouver des compromis qui laisse leur
place aux pays émergents. Enfin, la crise des subprime
est venue mettre un coup supplémentaire sur la tête d'un
libéralisme porteur d'inégalités et d'instabilité.
Pour autant, là où la crise des années 1930 avait complètement
changé la donne en faveur d'une économie
régulée, la crise actuelle, en dépit de ses lourds dégâts,
ne semble pas un traumatisme suffisant pour provoquer
un changement identique. A l'image du président
Sarkozy déclarant à Versailles qu'il faut «produire plus
et consommer davantage» , les dirigeants politiques
peinent à changer de logiciel en matière environnementale.
Enfin, si le libéralisme économique se meurt, la
gauche a été incapable de bâtir une alternative crédible
qui trouverait aujourd'hui son débouché naturel.
Si on ne change pas le capitalisme, d'autres crises se prépareront,
plus violentes, et peut-être plus dangereuses
pour l'avenir de nos sociétés.