Devenir et temporalité. Vol. 2. Jacques Derrida ou Le prétexte dérobé

Le mercredi 10 février 1999 - Paris,
17 heures, heure à laquelle le séminaire
de Jacques Derrida commence au 105,
boulevard Raspail de l'École des Hautes
Études - je me suis mis à lire un texte
auquel le maître de cérémonie n'avait
accordé aucun imprimatur.
En vérité, le passe-droit pour cette intervention
illicite ne m'était consenti que
pour un pré-texte visé par le philosophe
quelques semaines plus tôt. Ce sont ces
pages promises à l'interprète de La Lettre
volée d'Edgar Allan Poe (ici non reproduites
et pour certaines d'entre elles finalement
jamais lues) qui me donnaient
l'avantage d'une lecture suivie devant une
assemblée monumentale - l'amphithéâtre
était absolument bondé, cénacle averti
d'un sujet dont l'auteur de Sauf le nom
traitait alors depuis dix-huit mois en
Séminaire : la question du parjure et du
pardon dans la tradition philosophique
et littéraire occidentale.