Développer les capacités productives

Les pays les moins avancés (PMA) sont un groupe de 50 pays considérés comme "moins avancés"
en raison de leur faible PIB par habitant, de l'insuffisance de leurs ressources humaines et de leur
forte vulnérabilité économique. Dans la première partie du présent rapport sont examinés
l'évolution économique récente des PMA et les progrès accomplis vers la réalisation des objectifs
de développement convenus à la troisième Conférence des Nations Unies sur les PMA (PMA III),
tenue à Bruxelles en 2001. La deuxième partie du rapport porte sur le développement des
capacités productives de ces pays.
Par capacités productives, on entend les ressources productives, les capacités entreprenariales et
les biens de production qui, conjugués, déterminent la capacité d'un pays de produire des biens et
des services et lui permettent de croître et de se développer. Pour les biens et services marchands,
c'est la capacité de produire en étant compétitif au niveau international qui compte.
Les capacités productives se développent dans un pays grâce à trois processus intimement liés :
l'accumulation de capital, le progrès technologique et les changements structurels. Dans le présent
rapport sont examinés la manière dont se déroulent ces processus dans les PMA et les trois
obstacles fondamentaux à leur bon fonctionnement : i) le déficit d'infrastructure ; ii) la faiblesse des
institutions nationales, notamment des entreprises, du système financier et des systèmes de
connaissances ; iii) l'insuffisance de la demande. Des suggestions concernant la manière de
surmonter ces obstacles y sont également formulées.
Le présent rapport démontre que la quasi-totalité des PMA sont caractérisés par un déséquilibre
entre, d'une part, le taux de croissance de la population active, qui est très rapide en raison de
l'accroissement de la population, et, d'autre part, le rythme généralement lent de l'accumulation
de capital et du progrès technologique. En conséquence, la plupart des travailleurs doivent gagner
leur vie grâce à leur force de travail brute, à l'aide d'outils et de matériels rudimentaires, avec un
niveau minime d'instruction et de formation et en utilisant des infrastructures médiocres. La
productivité du travail y est faible et le sous-emploi y est généralisé. Il s'agit de la cause
fondamentale de la persistance d'une pauvreté massive dans les PMA.
Développer les capacités productives de façon à accroître les emplois productifs - dans les
activités non agricoles et agricoles - est primordial pour parvenir à réduire la pauvreté de manière
notable et durable dans les PMA. Il est donc préconisé, dans le présent rapport, de mettre le
développement des capacités productives au coeur des politiques nationales et internationales
afin de promouvoir la croissance économique et la réduction de la pauvreté dans ces pays.