Portrait et société dans la peinture italienne

«Il faut se demander en quoi l'art du portrait est un élément caractéristique de l'histoire italienne, ou, mieux, comment cette histoire se présente si on la considère de ce point de vue.»
La recherche d'Enrico Castelnuovo prend pour point de départ les années 1300 : après une longue interdiction de toutes les formes de portrait (tenu pour de «l'idolâtrie»), Giotto s'efforce pour la première fois d'atteindre une «vérité» physionomique dans la chapelle de l'Arena, à Padoue. Tentative que Masaccio poursuivra en peignant des portraits de personnes vivantes, intégrés à de «grandes scènes».
Suivront, vers le milieu du Quattrocento, les «bustes-portraits» (Desiderio da Settignano, Mino da Fiesole), que l'on peut facilement reproduire en plâtre ou en terre cuite, et qui auront une grande influence sur la peinture de Ghirlandajo et de Botticelli notamment.
Le tournant «psychologique» se produira avec l'arrivée d'Antonello da Messina à Venise : ses tableaux renvoient l'image de l'assurance et de la conscience de soi d'une classe de marchands cultivés, et ouvriront la voie aux portraits officiels de Raphaél ou de Titien, ainsi qu'à ce «moment d'union plus intime entre peinture et poésie» dont témoignent les tableaux de Giorgione.
Au XVII<sup>e</sup> siècle viendront les «portraits charges» d'Annibale Carrache et les bustes baroques du Bernin, dont la richesse d'invention, la perfection technique et les changements de style continuels influenceront tout le siècle. Ce n'est qu'au XVIII<sup>e</sup> que l'Italie perdra sa suprématie attistique, au profit de Hogarth, de La Tour, de Goya.
Mis au service d'un thème essentiel de l'histoire de l'art - la «représentation» de la personne humaine - étudié dans toutes ses implications, les talents didactiques de Castelnuovo contribuent à rendre agréable la lecture de l'ouvrage, sans que l'on perde jamais le fil historique. Chaque étape importante de l'exposé est illustrée de tableaux représentatifs.