La hache de sable et autres poèmes

Le poète est comme Janus aux deux visages, dieu
romain des commencements et des fins, des transitions
et des passages. Côté pile, il aurait une tendance
impudique à se livrer ; côté face, il resterait caché derrière
les mots. Les textes de ce recueil n'échappent pas à
pareil tiraillement. Poèmes lyriques ou anti-lyriques ?
Autoportraits fantaisistes ou fantaisie de l'auto-dissimulation
? Difficile de trancher. Heureusement
la hache est de sable, et c'est en douceur que les mots
tranchent dans le vif. Ce que tente ici Olivier Cousin :
une poésie pour fixer l'éphémère et le transitoire, une
poésie pour trouver sa place et tenir ferme dans le
bel aujourd'hui, une poésie du questionnement et de
l'incertitude. Seule certitude, on n'enfile pas les mots
sur les émotions comme on enfile des perles.