Dans un état critique

Fidèle à son goût pour l'autodérision, ainsi décrit-il cette
corporation des critiques littéraires à laquelle il appartient :
«Paisibles alligators dont l'oeil blasé affleure, depuis le
jurassique, à la surface du marigot des lettres.» Lui, Angelo
Rinaldi, c'est depuis moins longtemps, mais tout de même
depuis plus de trente ans - et toutes ses dents - qu'il observe
ce qui paraît et reparaît : romans, essais, poésies, biographies. De ses
chroniques, il ressort une galerie de portraits qui «décoiffe», où le cocasse
le dispute au tragique, et un tableau des moeurs certes à ne pas laisser entre
toutes les mains. En même temps qu'on découvre, jamais blasé, un
mémorialiste de la vie comme elle va : parfois belle à pleurer, si souvent
donnant la nausée, tout de même à ne jamais désespérer, décidément
foldingue.
Recueil de 120 chroniques parues au Nouvel Observateur entre 1998
et 2003, on croisera ici des admirables et des affreux, des auteurs de toutes
les époques et aussi différents qu'Elizabeth Taylor, Vialatte, Sciascia,
Camilleri, Cassady, Mishima, Wilde et Max Jacob, les cardinaux de Retz
et de Bernis, Céline, Racine et la Palatine, Beauvoir, Garcia Márquez,
Chandler, O'Faolain, mais aussi Marc Levy et Christine Ockrent, et tant
d'autres. Un florilège et un guide.