Civilisation et puissance

On ne peut faire l'économie d'une évaluation
critique de la modernité mondialisante,
avertit Georges Balandier. Plus qu'une simple
révolution des moeurs, et bien plus encore
qu'une révolution des techniques dont se
sont dotées les industries culturelles, elle doit
d'abord être reconnue comme le passage à
une époque qui n'a pas de précédent. Elle est
une affirmation propice à l'expansion continue
de la puissance de ceux qui en ont l'initiative.
Ensuite, elle comporte du «manque»,
des insuffisances. Enfin, il faut reconnaître la
méconnaissance de l'homme surmoderne,
qui ne cesse de transformer ce monde, où il
reste démuni de ce qui l'aiderait à définir son
humanité aujourd'hui, son identité, à être
moins aveugle quant au devenir dans lequel
il se trouve engagé. Cela exige une vraie
révolution intellectuelle, une sorte de révolution
copernicienne effectuée par la pensée
de l'actuel.
Et c'est ce à quoi Georges Balandier
s'affronte dans son oeuvre et en particulier
dans ce court texte.