Splendeurs de la Cour de Bourgogne : Charles le Téméraire (1433-1477)

Il était ambitieux, cultivé et inépuisable dans sa quête de
pouvoir et de reconnaissance : Charles le Téméraire
(1433-1477). Quatrième seigneur du nom, il a fait du duché
de Bourgogne l'une des plus importantes puissances de
l'Europe de la fin du Moyen Âge. La maison de Bourgogne
a su mettre en valeur son ascension par l'entretien d'une
cour éclatante, qui cherchait en permanence ce qu'il y
avait de plus exquis dans tous les domaines et qui a fixé
les canons de l'élégance - dans le costume et les
cérémonies, dans la culture festive et les tournois.
La magnificence - le déploiement systématique de la
splendeur au service des prétentions de souveraineté -
a produit des oeuvres d'art qui comptent parmi les plus
belles que la main de l'homme ait jamais créées, dans
l'orfèvrerie comme dans la peinture, l'enluminure,
la tapisserie ou la musique.
Étant l'un des princes les plus riches de son temps,
Charles le Téméraire ne cachait pas son désir de prendre
le titre de roi. Son ambition, son impatience et sa dureté
lui ont-elles été fatales ? Ou a-t-il tout simplement eu de
la malchance ?
La surprenante mort de Charles en 1477 à la bataille de
Nancy changea le visage de l'Europe. Sa fille Marie de
Bourgogne épousa en toute hâte Maximilien d'Autriche,
le fils de l'empereur, afin de sauver son héritage de la
mainmise de la France. En lui apportant les métropoles
commerciales flamandes, ce mariage offrit à la maison
de Habsbourg un avantage décisif pour son accession au
rang de superpuissance.
La Confédération suisse, qui avait pris une part
considérable à la victoire sur l'armée bourguignonne,
se vit libérée du péril d'une annexion imminente.
En s'emparant des campements militaires de Charles à
Grandson et Morat, les Confédérés entrèrent du même
coup en possession de l'un des butins de guerre les plus
importants et les plus précieux de l'histoire mondiale.