Le dernier mot

Dans quelques heures, à la levée du jour, j'aurai quitté
cette maison. Pour, sûrement, ne plus jamais y revenir.
Fuir cette tache rouge sur le mur, et cet oeil impitoyable
qui m'épie à travers un trou du plafond. Pourtant,
j'avais espéré que cet espionnage cesserait le
jour où... Presque tous ont dit que c'était un accident,
tu as voulu ramasser un chiffon qui était tombé sur le
rebord de la fenêtre, tu t'es penché un peu trop, et
puis... Les autres ont avancé l'hypothèse du suicide, tu
étais dépressif, l'armoire à pharmacie était bourrée de
médicaments... Je ne sais plus. Tout s'emmêle.
Une confusion extrême agite la narratrice : elle a
d'abord soupçonné son mari d'avoir voulu l'assassiner.
Maintenant qu'il a basculé par la fenêtre, elle ne
sait plus quoi penser. Pourtant la peur et l'angoisse
demeurent : des sentiments impossibles à partager,
confiés à des cahiers où elle s'exprime tantôt à la première
personne, tantôt spectatrice d'elle-même, dans
un dédoublement vertigineux. Retrouver la paix lui
sera-t-il possible ?
Avec une grande précision clinique et le souci du
détail qui caractérise son style, Gisèle Fournier décrit
le parcours d'une femme qui s'enfonce dans une
dépression.