Maurice Blanchot ou L'autonomie littéraire

En conjuguant les méthodes de l'histoire littéraire, de la
sociologie des champs et de l'analyse littéraire, cette étude
se penche sur l'élaboration de la «posture» de Maurice
Blanchot dans l'immédiat après-guerre (1944-1948).
Le passé de Blanchot, marqué par des positions politiques
d'extrême droite dans les années 1930, et dans une certaine
mesure encore sous l'Occupation, le conduit à se repositionner
dans le champ littéraire de la Libération, marqué
par l'épuration des écrivains collaborateurs. Il élabore une
«posture» de l'écrivain en retrait, qui manifeste une autonomie
littéraire radicale.
Cette posture du retrait demeure pourtant une forme de
participation au monde des lettres et Blanchot se trouve
amené à réélaborer ses postulats critiques ainsi que sa production
littéraire proprement dite ( Le très-haut, L'arrêt de
mort ), en interaction avec les forces dominant les milieux
littéraires à la Libération. Il est conduit à se positionner face
à la nouvelle avant-garde issue de la Résistance, emmenée
par Sartre et ses Temps modernes , qui promeut le modèle de
l'écrivain engagé.