Au loin les collines

Au loin les collines
Les mots inquiètent Catherine Cassan. A tort. Les siens se cristallisent en poésie. Ce sont des mots d'eau claire et de soleil
vertical, qui ruissellent des bonheurs de l'été. L'eau écume, éclabousse, miroite, clapote autour des barques, dans l'odeur du
varech et des figuiers. Partout Eros circule avec la grâce ailée du
voleur. Il ravit - au double sens du mot - les baisers, les pensées,
les coeurs. Il vous fait sortir de vous, vous arrache des cris, fait
flamber l'éblouissante rencontre. Le miraculeux été ne finira jamais. On peut, un moment, y croire.
Trop de lumière peut-être ? Trop d'aigu mêlé à la douceur,
jusqu'à l'insupportable ? Il n'est pas loin, pourtant, le nuage
d'amertume qui vient ombrer de mélancolie ces poèmes éclatants. Tout le talent de Catherine Cassan est de faire entendre,
à voix très basse, cette note déchirante sous le volubile concert
des oiseaux.