Portrait de Balthazar

Dans le Sarajevo déboussolé d'après-siège, un avocat s'occupe d'une
peintre locale expatriée à Paris durant la guerre, qui voudrait à la fois récupérer
son appartement et publier des souvenirs qu'une soif inextinguible
de liberté a rendus sulfureux. Celle-ci, de retour dans sa ville, tombe passionnément
amoureuse d'un "Jeune homme" qui lui rappelle le "Portrait
de Baldassare Castiglione" de Raphaël, un tableau qui l'a fascinée toute
sa vie. Dans sa ville natale qu'elle ne reconnaît plus, "où les habitants ne
se différencient plus qu'entre mafieux et non mafieux", elle découvre à
travers cette liaison tourmentée la montée du fanatisme religieux, tout en
prenant conscience de la vie oisive que mène une certaine classe mondaine
dans sa cité d'adoption.
Un roman de double exil, où la passion permet de percevoir l'écartèlement
de notre époque entre deux conceptions incompatibles du monde, l'une
laxiste et l'autre ultrarigide, forcées de vivre côte à côte en se haïssant et
se combattant.