Le sabot de Vénus

«L'Étranger s'inquiète, l'Étranger a peur. De
nouveau le doute, les rumeurs et les menaces à
peine formulées. Puis il y a le regard des autres ;
fuyant et parfois même inquisiteur, mais toujours
potentiellement dangereux. Très jeune déjà, il avait
appris à en reconnaître les nuances, à en estimer la
dangerosité. Cette faculté lui avait probablement
sauvé la vie, le jour où il avait été temps pour lui de
fuir. C'était il y a longtemps dans un autre monde.
Il était alors midi, à l'heure où tout est clair : ni coin
sombre, ni bruit de pas inconnus résonnant sur le
pavé. Il se souvient très bien de la chaleur de cette
journée ; du soleil de là-bas qui avait donné à son
cou un hâle indélébile.»
Plus qu'un policier, ce deuxième roman d'Annick Amoros est une
rencontre avec une région qui nous permet au détour d'une ruelle,
d'un chemin de halage, de croiser des personnages énigmatiques et
pourtant parfaitement intégrés au quotidien de la vie de leur village.