De l'éthique environnementale à la dialectique réflexive : confrontation entre Hans Jonas et André Stanguennec

Hans Jonas et André Stanguennec partagent le sens d'une pensée
philosophique de la totalité, perçue comme un processus d'auto-constitution
et d'auto-formation du «soi», sujet ontologique de toute
décision éthique, responsable d'un choix entre violence et raison.
Ils conçoivent communément le principe de leur «philosophie
de la nature» comme l'histoire de la liberté à travers «la structure
dialectique du vivant» et de son évolution, posant ainsi les bases d'une
anthropologie où l'homme est considéré dans l'unité de ses dimensions
de sujet vivant et pensant, chez qui le devoir se dégage du vouloir en
tant qu'autodétermination de son pouvoir. Ce pouvoir se traduit par
un agir conscient où se noue le rapport entre existence et responsabilité.
Les mettre en confrontation consistait donc avant tout à chercher
des proximités ou des différences, en particulier dans le traitement de
deux thèmes originaux ressortant de la formulation de leurs oeuvres :
le thème éthique et environnemental chez l'un, le thème dialectique
et réflexif chez l'autre. Toutefois, la mise en correspondance de ces
aspects spécifiques de leurs pensées a amené à indiquer et à clarifier des
positions théoriques d'accords et d'écarts entre eux.